GABON

A la rencontre de la littérature
du Gabon

La littérature gabonaise se découvre sur le tard comparée aux littératures africaines qui apparaissent dans les années 1930-1950. Même si on peut citer les écrits d’André Raponda Walker, Dictionnaire mpongwè-français, suivi d’éléments de grammaire (1934) et  Essai de grammaire tsogo (1937), qui seront suivi un peu plus tard par les Contes gabonais (1967) dAndré Raponda Walker et Roger Sillans, Concept gabonais (1968) de Paul-Vincent Pounah ou des récits épiques de Tsira Ndong Ntoutoume, le Mvett I (1970), le premier « roman » gabonais, Histoire d’un enfant trouvé de Robert ZOTOUMBAT n’est publié qu’en 1971.

Longtemps qualifiée de « littérature du silence », il faudra attendre les années 1980 pour voir l’éclosion des écrivains gabonais du moins dans le genre romanesque, les autres genres comme la poésie, le théâtre, la nouvelle ou l’épopée ayant jusque-là constitué l’essentiel de la production littéraire gabonaise.

Parmi les plus prolixes, on peut citer Maurice Okoumba Nkoghé, auteur d’une quinzaine de livres dont La mouche et la glu (1984), Siana (1986), La courbe du soleil (1993) et Jean Divassa Nyama avec par exemple la trilogie La calebasse dont le volume 2, La vocation de Dignité (2007) a reçu le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2008,  Opumbi (2010) Grand Prix littéraire du Président de la République Gabonaise en 2013, ou encore la trilogie L’Amère saveur de la liberté (2013-2014).

L’écriture romanesque gabonaise est aussi marquée par des « audaces contemporaines » comme l’oeuvre de Laurent Owondo, Au bout du silence (1993) avec qui on parlera d’écriture du mythe.

On assiste ces dernières années, depuis 2000 précisément, à l’apparition de nouveaux genres comme le polar avec la production particulièrement riche de Janis Otsiémi, Tous les chemins mènent à l’autre (2000) pour lequel il obtient le Prix du Premier roman francophone en 2000, le Prix du roman gabonais en 2010 pour La vie est un sale boulot (2009),  le Prix Dora Suarez en 2017 pour Les voleurs de sexe (2015), etc.

Les voix féminines se font également entendre dans l’espace littéraire gabonais. C’est Angèle Ntyugwetondo Rawiri qui ouvrira la voie avec Elonga (1980). Une des grandes figures en est incontestablement Bessora, auteure d’une dizaine de romans et de nouvelles, comme Les tâches d’encre (2000) pour lequel elle obtient le Prix Fénéon en 2001 ; le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2007 pour Cueillez-moi jolis messieurs… (2007) ou encore Alpha (2014) récompensé par le PEN Promotes Awards en 2016.

On peut également citer Justine Mintsa, Sylvie Ntsame, Chantal Magalie Mbazoo-Kassa, Honorine Ngou qui pour la plupart sont également fondatrices de maisons d’édition.

En somme, de 1934 à ce jour, ce sont près de 150 figures gabonaises, pour un million huit cent mille habitants, qui sont présentes sur la scène littéraire africaine.

L’adhésion du Gabon à l’initiative lancée par le Pavillon des Lettres d’Afrique, Caraïbes & Pacifique répond à sa volonté de communiquer sur une offre littéraire et plus largement culturelle gabonaise, pour une diplomatie culturelle gabonaise plus affirmée.

événements Littéraires

Depuis 2011, l’Association pour la promotion du livre et des Arts (APLA) et les Editions Ntsame organisent, au mois d’avril, le Salon international du livre et des arts de Libreville (SILAL), en partenariat avec l’Institut français du Gabon et sous le parrainage du  Ministère en charge de la culture.

Premier Salon consacré aux arts et aux livres en Afrique Centrale, le SILAL est une plateforme de valorisation et d’échanges des auteurs, éditeurs et artistes aussi bien nationaux qu’internationaux  pour souligner la place primordiale de la culture dans le développement d’un pays. Cet événement rassemble ainsi, pendant plusieurs jours, les auteurs, les professionnels du livre, les artistes plasticiens, les artisans, les chanteurs, les opérateurs économiques, etc.

La dernière édition sous le thème  « Langue française et cultures africaines » a permis de rendre hommage à une des grandes figures de la littérature africaine, l’écrivain et penseur malien Amadou Hampâté Bâ, avec la France et le Mali comme pays invités d’honneur.

Dans les missions diplomatiques sont également organisés des évènements autour du livre, à l’exemple des activités d’appui à la Bibliothèque de l’Ogooué de l’Ambassade du Gabon en France qui a abrité du 27 novembre au 2 décembre 2017, l’Exposition Léon Mba : 50 ans après  avec la mise en lumière des écrits du premier Président du Gabon, des écrits sur lui et du Gabon de son époque ainsi que des archives sonores, audiovisuelles et iconographiques.

Comme manifestation à venir, la célébration de la Journée Internationale de la Francophonie, le 20 mars, par la Bibliothèque de l’Ogooué sur le thème : « Le français des rives de l’Ogooué ».




GABON

A propos
du Gabon

Considéré comme un Etat rentier depuis son indépendance du fait d’une économie basée essentiellement sur l’exportation du pétrole, du bois et des mines, le Gabon avec une population d’environ 1.700.000 habitants (2015), affiche l’indice de développement humain le plus élevé d’Afrique subsaharienne.

Tributaire cependant des fluctuations des cours internationaux et après avoir fait le constat de la faible valeur ajoutée produite sur place du fait de l’importance des exportations des matières premières, le gouvernement gabonais s’est engagé dans un vaste programme de diversification de l’économie du pays. D’où l’élaboration d’un plan de politique économique, le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) dont les principaux objectifs, outre la bonne gouvernance, concernent la transformation du bois, l’exportation de grumes étant interdite depuis 2010, et l’élaboration de produits de seconde transformation des minerais. Cette diversification de l’économie passe aussi, par exemple, par la création d’une filière d’éco-tourisme et de tourisme d’affaires et par l’extension du secteur halieutique.

En effet, les positions fortes et les engagements internationaux pris par le Gabon lui permettent d’accroitre son leadership en matière environnementale en Afrique et dans le monde. Ainsi, en faisant un don au monde de 11% de son territoire pour la création de 13 parcs nationaux  et, plus récemment en juin 2017, en décidant de la création de 20 aires marines protégées, le Gabon donne la preuve de sa prise de conscience face au désastre écologique actuel et son ambition de porter une trajectoire originale qui concilie son développement économique et humain à la maîtrise de son empreinte écologique.